Pourquoi le bitcoin est la monnaie la plus polluante au monde

Chacun a en tête que le minage des minéraux est un défi environnemental pour la planète. Chaque conférence pour le climat est là pour nous le rappeler. Mais si cette formation est bien visible et tangible, il en existe une autre qui impacte également notre planète. Il s’agit du minage de crypto-monnaie. La première et plus connue d’entre elles est le Bitcoin.

Le bitcoin, une pollution bien réelle d’une monnaie virtuelle

Pour rappel : «  le bitcoin est une monnaie cryptographique et un système de paiement pair-à-pair inventé par Satoshi Nakamoto, qui annonce l’invention en 2008 et publie le logiciel open-source en 2009. Les bitcoins sont créés conformément au code source du logiciel, en rétribution du traitement des transactions. Certains utilisateurs mettent à contribution leur puissance de calcul informatique afin de vérifier, d’enregistrer et de sécuriser les transactions dans la chaîne de blocs. Cette activité, appelée minage, permet aux participants d’être rémunérés, pour chaque nouveau bloc validé, par des bitcoins nouvellement créés et par les frais des transactions traitées. Les bitcoins peuvent ensuite être échangés contre d’autres monnaies, biens ou services. Le prix de la crypto-monnaie, est fixé principalement sur des places de marché spécialisées et fluctue selon la loi de l’offre et de la demande. » (Source wikipedia). Le Bitcoin est donc une forme de monnaie numérique, créée et conservée électroniquement. Personne ne la contrôle. Les bitcoins ne sont pas imprimés, comme les dollars ou les euros, ils sont produits par des particuliers ou des entreprises, exécutant des algorithmes partout dans le monde via un logiciel surpuissant. Quel rapport entre pollution et monnaie virtuelle ? Le fonctionnement même du bitcoin est la cause du problème. En raison du nombre de transactions et échanges enregistrés quotidiennement et de la valeur du Bitcoin, la pollution liée à l’utilisation exponentielle de cette monnaie ne fait qu’augmenter.

Forte consommation énergétique

La consommation en énergie du Bitcoin est équivalente à la consommation électrique de l’Irlande. Citibank estime que le réseau bitcoin consomme à peu près la même quantité d’électricité que le Japon. Et cette consommation ne devrait faire qu’augmenter. Encore et encore, au rythme de l’utilisation et de la popularité de la cryptomonnaie. Aujourd’hui, la consommation du réseau Bitcoin est assimilée à 100 fois celle de l’ensemble des serveurs du géant Google. Cette statistique a de quoi faire peur. Mais les projections futures sont encore plus impressionnantes. Car si les monnaies virtuelles deviennent majoritaires et de plus en plus populaires, les scientifiques estiment que la consommation d’énergie associée équivaut à 2 fois celle des Etats-Unis et 8 fois celle de la France. Mais pourquoi le réseau Bitcoin est-il si gourmand en énergie et électricité ? Car une transaction en Bitcoin est 4000 fois plus consommatrice qu’un échange classique par carte bancaire. L’enjeu réside donc dans le coût d’une transaction unitaire et sa réduction.

Comment réduire cette dépense énergétique ? Les industriels spécialistes du marché des cartes de paiement se penchent sur le problème. La création de terminaux de paiement et de cartes de crédit dédiées commencent à voir le jour. L’enthousiasme et l’enjeu économique et financier liés à ce marché sont phénoménaux. Chaque pays s’y intéresse, la Chine et les Etats-Unis en tête.

Quelles sont les causes de cette dépense énergétique affolante ? Un des problèmes majeur et à résoudre est la lenteur du système. la blockchain ne gère aujourd’hui que sept transactions par seconde, par rapport à 2000 pour le réseau Visa.

Mais tout n’est pas perdu et le Bitcoin pourrait être également une source d’amélioration pour l’environnement.

La technologie cryptographique du bitcoin peut-elle sauver l’environnement ?

Blockchain, la technologie cryptographique liée au bitcoin, pourrait en effet être adaptée à des fins environnementales positives. Ainsi, la crise environnementale se développe sur un terrain fertile, la multiplication des intermédiaires. Pour prendre un exemple, elle pourrait garantir les sources étiquetées des poissons vendus aux consommateurs, comme les fermes de saumon en Norvège. Si vous achetez un poisson au supermarché, la chaîne d’approvisionnement est très longue. Le supermarché pourrait même ne pas savoir d’où provient votre achat. Il y a donc de multiples opportunités pour que les biens écologiquement non durables entrent dans la chaîne d’approvisionnement. Une chaîne d’approvisionnement basée sur la chaîne de blocs (blockchain) permettrait ainsi de suivre chaque étape de l’approvisionnement du producteur au consommateur.

Blockchain

Si le bitcoin présente des avantages sur la chaîne de consommation, il peut également changer la façon dont nous traitons la propriété. Dans de nombreux pays en développement, les droits fonciers ne sont pas correctement définis. Un gouvernement ou une entreprise peut revendiquer la propriété d’un terrain appartenant à une communauté locale. En intégrant un registre foncier dans la blockchain du bitcoin, le caractère immuable et infalsifiable des transactions le rend immuable et inviolable.

Le cours du bitcoin est passé de 3465 euros à 5649 euros en 1 an.

Un autre atout concerne l’usage de la blockchain sur la politique. En effet, le vote Blockchain est un moyen très bon marché et sûr d’organiser des élections. En lieu et place de l’infrastructure de vote, les urnes, le temps et l’argent nécessaire, on pourrait opter pour un vote via blockchain. Avec une blockchain, vous pouvez voter avec un smartphone et votre identité cryptographique. La sécurité renforcée du système contribue à la confiance des votants et à la limitation du risque de fraude.

Le troisième avantage visible consiste à changer les incitations. Une blockchain peut garantir qu’un événement se produira. Par exemple, en définissant un contrat sur la blockchain, la logique métier peut être intégrée comme code informatique. Ainsi, quand une condition est remplie, le contrat est automatiquement exécuté.

Comment réduire la pollution grandissante du bitcoin

De nombreuses équipes se penchent sur la problématique. Ce qu’il faut, c’est développer un algorithme plus économe en énergie. Un autre inconvénient est le niveau de cryptographie du système. De ce fait, si vous détenez un portefeuille bitcoin et que vous perdez votre clé privée ou votre signature numérique, vos bitcoins sont perdus pour toujours. Une des clés pour baisser le niveau d’énergie consommée est de cacher la complexité cryptographique dans les applications pour smartphones. De même, pour réduire le niveau de pollution énergétique du bitcoin, les développeurs se penchent également sur le fonctionnement d’autres monnaies virtuelles comme l’Ethereum. La comparaison de 2 blockchains “concurrentes” doivent permettre d’identifier les points de faiblesse du bitcoin. Et de zoomer sur les zones d’amélioration. A force d’études, les chercheurs et développeurs ont remis en cause tout l’algorithme de départ. On parle maintenant de “proof of stake” (preuve d’enjeu) à la place de “proof of work” (preuve de travail). C’est tout le modèle qui est ainsi en jeu, avec un contrôle de la transaction déplacé du mineur au détenteur de coins lui-même. Avec la preuve d’enjeu, le minage devient virtuel. Les propriétaires de Bitcoin deviennent les valideurs des échanges, après les avoir mis en dépôt. L’algorithme de la blockchain les sélectionne ensuite pour valider une transaction et créer un block. Ainsi, la masse de calcul nécessaire à la création d’un block diminue très fortement. Elle réduit par la même occasion la dépense énergétique associée. Cependant, cette idée a une contrainte énorme. Elle implique que seuls les propriétaires de Bitcoins suffisamment riches auront les moyens de contribuer à un tel changement. Une autre voie est la création d’autres variantes de la monnaie : le 1er août 2017, une nouvelle monnaie a vu le jour : le bitcoin cash, capable de gérer encore plus de transactions par seconde. Cette monnaie, plus stable et moins gourmande en énergie pourrait être une alternative au Bitcoin originel.

Mais les études sur ce thème en sont encore au stade de balbutiements. Il faut espérer qu’elles se transforment rapidement en projets, afin d’enrayer la surchauffe de la planète à laquelle le bitcoin contribue.