Le vin: un investissement à forte valeur ajoutée

Pétrus, Romanée Conti, Château Lafitte, Haut-Brion, Château d’Yquem… Pour les passionnés de vin, la simple évocation de ces noms de grands crus classés est une promesse de plaisir enivrant et poétique qui fait frissonner tant il est rare de pouvoir les déguster. Pour d’autres, elle est synonyme de valeur refuge dans laquelle investir et diversifier son patrimoine. Le marché du vin est, en effet, un marché très attractif, à forte rentabilité, qui ne cesse d’attirer de nouveaux investisseurs car il est apparu, surtout après la crise de 2008, qu’il demeure l’un des marchés les plus stables et les plus rentables en matière d’investissement. Sa performance naît de l’alliance entre le prestige des domaines viticoles français et de la rareté des bouteilles de grands crus, produits en quantité limitée.

Amateur en quête d’un placement sûr et rentable, passionné d’œnologie, il existe plusieurs façons d’investir dans le secteur viticole, avec des retours sur investissement plus ou moins importants, à court ou à long terme. Achat d’un vignoble, placement dans un groupement foncier viticole, constitution de votre propre cave ou achat d’actions dans une structure spécialisée, nous vous proposons ici quelques pistes pour vous aiguiller vers le choix le mieux adapté à vos besoins et à vos moyens.

Le placement GFV

Si vous disposez d’au moins 20 000 euros, ce placement est pour vous ! Un Groupement Foncier Viticole intervient comme intermédiaire, lorsqu’un vigneron exploitant souhaite mobiliser un capital important pour l’acquisition d’une parcelle, en créant une société civile et en confiant la gestion de la propriété à l’exploitant par un bail à long terme.  L’épargnant, lui, devient associé du groupement, avec une quote-part calculée proportionnellement à son apport. L’intérêt patrimonial des GFV est fiscal et successoral. Encore faut-il bien choisir son vignoble. Investir dans un vignoble de renom serait donc un atout au moment de la revente.

Les GFV distribuent au maximum 2 à 3 % de revenus par an. Ce rendement évolue en fonction du prix du vin. A cette performance financière, il faut ajouter une part en nature, le souscripteur bénéficiant de bouteilles de vin ou de tarifs préférentiels sur leur achat auprès de l’exploitant. La valeur des parts, elle, est indexée sur l’évolution du prix du foncier.

Les gains distribués sont imposés selon leur origine. Il s’agit de revenus fonciers soumis au régime du micro-foncier, avec un abattement forfaitaire de 30 %, ou imposables après déduction des frais réels. Une petite partie des sommes distribuées peut correspondre à des produits financiers. Ils sont alors inclus dans la déclaration de revenus et supportent l’impôt au barème progressif.

Pour l’ISF, les parts sont exonérées à hauteur de 75 % dans la limite de 101 897 euros en 2017, puis de 50 % au-delà de ce seuil. Idem pour les droits de donation ou de succession. Les gains constatés lors de la cession relèvent du régime des plus-values immobilières. Par le jeu des abattements, ils sont exonérés au bout de trente ans.

Pour acheter des parts, les opérateurs sont rares. Parmi eux, La Française GREIM et des locaux, comme Gestion Finance Saint-Vincent, spécialiste de la Bourgogne.

Constituer sa propre cave

Si vous souhaitez constituer votre propre cave de grands crus, il est impératif de bien vous renseigner à la fois sur le fonctionnement de ce marché d’initiés ainsi que sur les conditions optimales de conservation du vin et de sécurisation du lieu où vous souhaitez conserver vos actifs tangibles, c’est-à-dire, vos bouteilles classées.

Il est important de s’informer sur la valeur des vins que vous achetez. Certains vins ont une forte capacité spéculative, d’autres sont des valeurs plus régulières. A ce titre, les vins de Bordeaux ou les vins de Bourgogne sont des valeurs refuges qui bénéficient d’une grande stabilité depuis des décennies. Il est également important de veiller à une diversification optimisée de votre cave, pour ne pas risquer un effet de bulle spéculative.

En ce qui concerne la conservation du vin, gare au moindre faux-pas qui ferait perdre à votre bouteille toute la valeur de son ancienneté ! Pour une conservation optimale, le lieu de stockage doit être maintenu à une température constante et sécurisée, avec une hygrométrie (humidité de l’air) aux alentours de 70%. Il faut une absence de luminosité et un lieu préservé des vibrations (d’où l’intérêt le plus fréquent pour une cave souterraine), mais il faut aussi s’assurer de la sécurisation absolue de votre cave. Pour ce faire, veillez à équiper le lieu d’une porte blindée, d’une alarme dernier cri et tout ce qui pourrait protéger votre petit trésor liquide.

« En plus de la question des conditions de conservation, il est essentiel de noter que tous les vins ne recèlent pas le même potentiel de garde d’autant plus que cette dernière donnée évolue également en fonction de l’année de production. La grande majorité des vins doit être consommée dans les 5 à 10 ans suivant son élaboration. Seuls les plus grands crus issus des meilleurs millésimes peuvent traverser les décennies sans dommages. » (Aurélien Grevet, Président et fondateur de Patrimoine Grands Crus)

Faire confiance à des professionnels

Si vous sentez que vos connaissances personnelles en matière de vin sont un peu justes et que vous commencez à transpirer rien qu’à imaginer que votre sous-sol soit transformé en bunker aussi sécurisé que les coffres de la Banque de France, alors voici une autre possibilité pour investir votre patrimoine en toute tranquillité.  Il existe des SCA (Sociétés en Commandite par Actions) dans lesquelles les particuliers peuvent investir et qui sont assez rentables. En France, la société Patrimoine Grands Crus (achat, stockage et revente de crus prestigieux), créée en 2012, vous propose d’investir dans des bouteilles millésimées de grande valeur, conservées dans une cave hautement sécurisée à Issy-les-Moulineaux. Avec un investissement minimum de 20 000 euros et pour une durée minimum de 3 ans, des professionnels du marché du vin et des places financières s’occupent d’acheter et de revendre les plus grands vins qui soient, avec pour seul objectif l’optimisation du capital des actionnaires. La sortie de la SCA peut se faire de deux façons, soit en numéraire, soit… en bouteilles !

En termes de fiscalité, ces actions sont éligibles au PEA (Plan d’épargne en actions) qui garantit une exonération de taxes sur la plus-value à partir de 5 ans d’ancienneté.

Autre cave du même acabit, La Cave Patrimoniale domiciliée en Suisse, à Genève, propose un tarif d’entrée à environ 13 000 euros.

L’investissement dans une cave gérée par des professionnels offre de nombreux avantages, outre celui de s’éviter personnellement le stress d’une gestion pointilleuse et exigeante de ses actifs.

Depuis 20 ans, le marché du vin présente une forte rentabilité annuelle pouvant atteindre 14%, et une stabilité continue depuis 1950. Il est l’un des marchés les plus sûrs en termes d’investissement financier. La forte demande émanant des grandes fortunes des pays émergents comme la Chine, le Brésil ou la Russie, assure aux grandes bouteilles et au vignoble français une pérennité qui ne devrait pas s’arrêter de sitôt. Ajoutons à cela une production de bouteilles limitée en nombre ( comme certains grands vins de Bourgogne qui produisent entre 3000 et 6000 bouteilles par an) ainsi que dans le temps et l’on obtient toutes les caractéristiques d’un produit de luxe, prisé et apprécié, dont la valeur ne fait qu’augmenter depuis des décennies. Le nombre de bouteilles en circulation est également régulé par le fait que les grands crus sont avant tout faits pour être consommés, ce qui en fait un produit perpétuellement rare. Il existe depuis quelques années un indice de référence des Grands Crus, le LIV-ex Fine Wine, selon lequel se font tous les échanges sur le marché international du vin.

Il est important de bien connaître les réseaux professionnels car certains cercles, comme la place de Bordeaux, sont très fermés. Ainsi, une société comme Patrimoine Grands Crus va mutualiser les investissements en ayant soin de diversifier l’origine des bouteilles (Bordeaux, Bourgognes…). Les risques sont ainsi maitrisés, et la rentabilité assurée par le fait que les bouteilles appartiennent à la structure et non à l’investisseur. Cela permet aux commandités de gérer les actifs sans l’accord systématique des actionnaires (qui prendrait beaucoup de temps) et d’être plus réactifs par rapport aux exigences du marché. En 2012, à l’issue de sa première année, Patrimoine Grands Crus affichait déjà une performance supérieure à 20% ce qui était un début extrêmement prometteur.

Le point porteur

En définitive, tant que l’Homme boira du vin, ces différents investissements continueront d’être rentables. Si la production du vin connait une diversification géographique importante, le prestige des châteaux français ne connait pas d’égal, et ils restent les plus prisés au monde. Que vous espériez un retour sur investissement en monnaie sonnante et trébuchante ou que vous vous offriez un jour le privilège de goûter à l’élixir des dieux, soigneusement conservé pour vous par des professionnels passionnés, l’investissement dans le vin a de beaux jours devant lui et vous assure une stabilité et une bonne rentabilité.