Immobilier: Les acheteurs négocient de moins en moins

Tous les chiffres et tous les organismes sont unanimes : les acheteurs négocient de moins en moins lors d'une acquisition immobilière. En mars 2018, selon le baromètre LPI-Se loger, tous biens confondus, la marge de négociation de l'acheteur est d'environ 4 % par rapport au prix affiché. Une marge, bien restreinte dont les causes sont multiples. Nous pouvons alors envisager l'origine de ce phénomène selon différents critères. Le premier étant bien sûr d'observer et de connaître le marché de l'immobilier. Le second réside dans la nature du futur bien et la génération de l'acheteur. Dans cet article, nous vous proposons de découvrir pourquoi les acheteurs ont tendance à moins négocier les prix de vente des biens immobiliers.

La réalité du marché immobilier: véritable cause de la baisse des négociations

Si l'on veut comprendre cette diminution des négociations entamées par les acheteurs, il faut en tout premier lieu analyser le marché immobilier à travers ses particularités régionales, mais également ses réalités statistiques.

Un marché immobilier régional fluctuant

Tout comme le prix au mètre carré, le taux de négociation varie entre les différentes régions de France. Ainsi dans certaines communes françaises, les ventes peuvent bénéficier d'un rabais jusqu'à 9 %, comme c'est le cas au cœur de la Bourgogne. En Picardie, les propriétaires consentent à une ristourne de 6 % en moyenne. Cependant, ces chiffres ne sont qu'une moyenne et même si l'on ne peut que vous conseiller de négocier lors d'un achat immobilier, il ne faut toutefois pas négocier une ristourne trop importante. C'est aussi une particularité des vendeurs régionaux, voire une coutume locale, de ne pas paraître trop gourmand lors de la négociation du prix. En Champagne-Ardenne, par exemple, la marge de négociation est très restreinte. La diminution de prix que peut connaître un acheteur dans cette région ne frôle même pas 1 % du prix de vente initial.Dès lors, en matière de négociation, comme en matière rapport prix-surface habitable et comme dans beaucoup d'autres domaines d'ailleurs, la France observe des caractères spécifiques à chaque région. En effet, il ne faut pas l'oublier la négociation est avant tout un trait culturel local.

La dure réalité des chiffres

S'il y a une discipline qui ne trompe pas, c'est bien les statistiques. Le baromètre des négociations immobilières de Logic-immo.com précise que la part des acheteurs qui ne sont plus prêts à négocier aujourd'hui a augmenté significativement en l'espace de 4 ans. Cela est essentiellement dû au fait que les acheteurs considèrent de plus en plus les prix demandés par les vendeurs comme des prix réalistes. On peut noter également que c'est un sentiment légitime, car avec les sites d'annonces immobilières en ligne, la multiplication des offres et des outils pour vendre son bien, le propriétaire ainsi que le vendeur peuvent actuellement estimer leur bien au plus prix le plus juste par rapport au marché immobilier. On doit, par ailleurs, mettre en évidence que les acquéreurs étant plus nombreux que les vendeurs, par un effet d'urgence dans l'achat du bien immobilier désiré, les acheteurs, sont de ce fait, moins enclins à négocier les prix.On observe alors une diminution de 3,5 % en un an seulement, du nombre d'acheteur qui souhaitent négocier absolument, quelque soit le prix. Cette timidité de la négociation s'observe même lorsque l'acheteur estime que le prix demandé ne lui semble pas réaliste au vue de la réalité du marché. Ils sont 44,1 % dans ce cas. En dernier lieu, même s'il reste un faible pourcentage d'acheteurs qui ne souhaitent pas négocier, il est utile de noter que ce dernier chiffre augmente en passant de 2,3 % à presque 4 %.C'est donc une tendance réelle du marché qui consiste à ne pas négocier ou très peu négocier son bien immobilier lors de l'achat.

La nature du bien influence la négociation tout autant que la génération de l'acheteur

Parmi les causes de ce manque d'attrait des acheteurs pour la négociation, il est envisagé deux origines. D'une part, une cause propre à la génération des acheteurs, d'autre part, une cause liée au bien immobilier.

Une maison se négocie mieux qu'un appartement

L'état actuel du marché immobilier ne permet pas de faire des négociations et des profits très importants. Néanmoins, la multiplication et la standardisation des lieux d'habitation tels que les appartements élaborent une grille précise des estimations. Ainsi, la marge de négociation pour un appartement apparaît de plus en plus amoindrie puisque l'écart entre le prix affiché et celui effectivement payé par l'acquéreur est de 3,8 %. A contrario, une maison et l'individualité qu'elle représente permettent un peu plus de souplesse dans le prix demandé. L'acheteur pourra négocier alors jusqu'à une baisse de 5,2 % du prix de la maison. Même si, avouons-le, la tendance est nettement à la faible, voire très faible, la marge de négociation est tout de même relativement présente et possible.

Les millénials : génération de négociateurs

La génération née entre 1980 et 2000 est appelée les millénials. Aujourd'hui, c'est cette tranche de la population qui accède progressivement à la propriété. Il faut alors envisager cette génération comme les champions de la négociation, puisqu'ils sont plus de 50 % à vouloir négocier, quelque soit le prix. Cet attrait pour le marchandage est une conséquence directe de la société dans laquelle ils ont évolué. En effet, ce sont souvent de jeunes actifs habitués à la précarité, au marché du travail en crise et au chômage. Dès lors, lorsqu'ils veulent accéder à la stabilité par l'achat d'un bien immobilier, leur budget très serré et leur culture de l'éphémère, les contraint à une négociation empressée et systématique. C'est une génération très déterminée dans ses choix et qui n'hésitent pas à négocier au plus proche de leur budget car ils sont coutumiers des usages commerciaux de la vente et de la publicité. Découvrez ici quelques petites astuces pour pouvoir négocier le prix de vente de votre bien immobilier.

Le point porteur

En conclusion, la négociation d'un bien immobilier s'organise sous l'angle d'une analyse précise du lieu, de la taille du bien et de l'acheteur. Sans oublier toutes les particularités du marché inhérent à une région. De ce point de vue, lorsqu'il s'agit d'un grand appartement ancien, un acheteur peut âprement négocier sa future acquisition dans une ville comme Bordeaux, Lille, voire Nice, mais il devra se résoudre à voire sa marge réduite dans la capitale. En revanche, les petites surfaces, tel que les studios anciens connaissent un taux de négociation plutôt convenable, grâce à une marge de 5 % de baisse en moyenne, toutes villes confondues. Cet attrait est essentiellement dû au fait que les petites surfaces sont souvent envisagées comme un placement à long terme, par le biais de crédit-bail ou d'un projet de location du studio. Par conséquent, plus l'acheteur négociera strictement le bien, plus il rentrera rapidement dans ses frais et fera des bénéfices. Enfin, c'est le bien immobilier de la famille moyenne, soit, les T3, qui se négocient le moins.Il est également à noter que le délai de négociation s'est raccourci presque de moitié, puisqu'il était de 120 jours il y a quelques années et qu'il n'est plus actuellement que de 70 jours pour les appartements et 80 pour les maisons. On a donc le sentiment que les acheteurs de biens immobiliers sont pressés de faire leur acquisition et qu’ils ne désirent pas attendre trop longtemps lorsqu’ils ont eu un véritable coup de cœur.

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