Cryptomonnaie : comment Ripple veut entrer dans la cour des grands

Si vous vous intéressez au monde des cryptomonnaies, vous aurez sûrement remarqué que la devise de Ripple, le XRP, présente une forte évolution depuis un an, en faisant la nouvelle coqueluche du marché. En effet, cette devise a atteint des sommets en faisant progresser sa capitalisation jusqu’à environ 91 milliards de dollars, mieux que le bitcoin, subtilisant ainsi brièvement la seconde place du podium des devises numériques à ether. Cette euphorie nous ferait presque oublier l’essentiel, rappelons que Ripple est avant tout une société proposant une blockchain privée à des institutions financières dans le but d’accélérer leurs échanges en toute sécurité.
Pour ses responsables stratégiques, l’explosion du cours de la devise XRP, disponible au grand public afin d’assurer la liquidité de Ripple et fluidifier les transactions sur le réseau, est un signe de création de valeur sur le long terme. Plus d’une centaine d’institutions financières ont déjà rejoint son réseau, mais diverses incertitudes menacent son développement.

Un transfert d’argent en quelques secondes

Cette jeune pousse à éveillé la curiosité et l’intérêt des banques avec un concept relativement simple à schématiser, la réalisation des paiements transfrontaliers en quelques secondes et avec très peu de frais de transactions en se servant de ses propres rails. Plus qu’intéressant pour ces établissements financiers, qui savent très bien que pour réaliser la même chose avec les réseaux habituels il leur faudra plusieurs jours, tout en engendrant des coûts plus importants. Évidemment, ce concept à immédiatement intéressé de nombreuses entités telles que Bank of America, SEB ou Crédit Agricole, qui se sont empressés de rejoindre le réseau Ripple. Ainsi, depuis plus d’un semestre, la société assure avoir réalisé pour plus de 800 millions de dollars de transactions transfrontalières.

La monnaie digitale XRP sous pression

L’ascension fulgurante de la monnaie virtuelle XRP a été tel, qu’elle a atteint début janvier un cours de 3,77 dollars. Après cette période faste, il s’en est suivi une dégringolade du cours XRP durant plusieurs jours, baissant jusqu’à 1,73 dollars selon CoinMarketCap. Le célèbre et populaire portefeuille Coinbase a même démenti l’intégration de XRP dans sa palette de devises.Certes, Ripple va contribuer à réduire leurs revenus générés sur ces transactions, mais elle va améliorer le service rendu aux clients. Le pari tenté consiste à faciliter ces opérations, tout en misant sur l’augmentation des volumes de transactions. Avec cette idéologie, les leaders stratégiques de Ripple pensent changer l’industrie financière de la même manière que le mobile a changé les télécoms. Ils sont mêmes l’ambition non dissimulée de proposer aux entreprises des solutions permettant d’obtenir une gestion plus efficace de leur trésorerie.

Litige et volatilité, les risques associés à Ripple

Si l’on se fie à certains experts du secteur, comme par exemple un expert d’Harwell Management, Ripple n’est pas au bout de ses peines. Pour étayer ces dires, ils pointent tout d’abord le risque du marché. En effet, il est peu probable que les banques imaginent se lancer avec Ripple dans le cash management, étant donné l’énorme amplitude de variation des cours. Le second aspect appuyant cette hypothèse, c’est qu’il n’existe pas de contrats à terme permettant de se couvrir. Ce n’est pas une opinion isolée, on peut ainsi citer Alexandre Stachtchenko (cofondateur de Blockchain Partner et président de l’association La Chaintech) qui va dans le même sens, en mettant le doigt sur la distribution monétaire de Ripple qui pour lui est le principal problème. En effet, on constate en s’y penchant de plus près, que 60% des XRP sont détenus par Ripple Labs et 20% par deux ex-patrons.Outre les risques associés à la manipulation du marché, on comprend aisément qu’une décision des banques de passer par XRP pour effectuer leurs transactions, les condamneraient potentiellement à ne s’en remettre qu’à une poignée de personnes. Bien évidemment, on n’imagine pas un tel scénario de la part des institutions financières, pour qui le risque serait irréaliste.D’autre part, le passé de Ripple pèse dans la balance. Sa bataille juridique contre R3 (un consortium) qui était l’un de ses partenaires auparavant, à propos d’options d’achat de XRP, met en jeu plusieurs milliards et plombe l’avenir de la société. Cette incertitude s’ajoute aux risques évoqués précédemment, ce qui constitue pas mal de doute sur les risques associés à Ripple.

Tendances Avenir Blockchain

Comme pour tous les acteurs de la Blockchain, le statut juridique des jetons et de la régulation de ces cryptomonnaies constituent un autre point noir. S’agit-il de titres financiers, de matières premières, de devises ou d’actifs ? La réponse à cette question est primordiale d’un point de vue fiscal. Selon le statut juridique qui leur sera attribué, la fiscalité divergera en conséquence, et c’est la raison pour laquelle les régulateurs s’interrogent et se penchent sur cette question, dont l’importance est primordiale pour la France où la fiscalité est très dissuasive.Avec une vision plus généraliste et objective, l’arrivée de fonds d’investissement et de contrats à terme devrait tout de même permettre au monde de la Blockchain de se professionnaliser. Il sera également indispensable de prendre en compte la mise en production de certains projets, comme celui de la gestion du registre des grands créanciers réalisant des prélèvements au standard européen Sepa par la Banque de France, ou encore le projet d’Axa avec son assurance Fizzy.D’autre part, la Blockchain éveille la curiosité de nouveaux secteurs tels que l’énergie ou la distribution, puisqu’elle leur permet d’optimiser la traçabilité de leurs processus. A titre d’exemple, il leur est possible de suivre des aliments et leur acheminement, ou la répartition d’électricité produite par différents prestataires.Pour terminer, l’apprentissage et la connaissance de ces problématiques devrait se poursuivre, tout comme leur démocratisation. Cela se traduira par des formations en 2018 qui viseront des juristes et des experts, et non plus uniquement des ingénieurs geeks qui représentaient jusqu’à présent la quasi-totalité de la population concernée.

Cryptomonnaie de choix

Chacun se fera son opinion en fonction de ses besoins, Ripple est une cryptomonnaie dite privée (« consortium » ou « permissive ») où la participation au consensus est dépendante d’une autorisation obligatoire. Un tel réseau présente une grande flexibilité, mais propose une sécurité moindre. En opposition, dans le cadre d’une blockchain publique telle que pour le bitcoin, le nombre de nœuds du réseau n’est pas limité. Ainsi n’importe qui a la possibilité de télécharger la blockchain et de participer au consensus dans le but de valider les transactions. Pour ce type de réseau, la résilience est bonne et la sécurité forte, puisqu’une fraude exige qu’un seul acteur double la taille du réseau en termes de puissance de calcul.

Le point porteur

Après des débuts tonitruants, Ripple marque le pas et nombreuses sont les embuches qui laissent planer le doute sur sa pérennité dans le temps. Néanmoins, la fatalité n’est pas de mise dans ce secteur d’activité, où une part d’inconnu fait l’intérêt des intervenants.

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